PENTHÉSILÉE d’après Heinrich von Kleist. Traduction Julien Gracq. Adaptation et mise en scène Michael Thalheimer. Avec la troupe de la Comédie-Française: Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Sébastien Pouderoux.
Le mythe des Amazones est à l’origine de la pièce de Heinrich von Kleist.
Suite à la destruction de leur clan, les femmes fondent leur état et en érigent les lois pour se protéger des hommes. Penthésilée devient reine à la mort de sa mère Otréré qui lui a révélé sa future inclination pour Achille, le Péléide. Une fois au pouvoir, la jeune reine part à sa recherche tout en prêtant main forte à Priam, attaqué par les grecs. Penthésilée et Achille se rencontrent sur le champ de la bataille de Troie. Ils sont immédiatement attirés l’un vers l’autre mais la loi exige qu’ils s’affrontent dans une lutte où chacun doit vaincre l’autre.
Michael Thalheimer adapte le texte de Kleist peu compréhensible car encombré par un trop grand nombre de personnages. Il n’en garde que trois, Penthésilée, Achille et «la femme» qui prend la parole, tel un chœur antique, et en offre ainsi une vision plus claire. Il commence par la fin, l’épilogue de la bataille entre les deux protagonistes, à l’instant où la reine des amazones tient dans ses bras le cadavre d’Achille à qui elle vient d’infliger une mort cruelle. Elle se réveille comme d’un rêve et ne veut pas croire que c’est elle qui a commis une telle atrocité. Elle n’y survivra pas. Les trois personnages remontent alors le fil des événements, par un récit à trois voix pour revenir à l’épilogue, une conception originale conduite par une mise en scène spectaculaire et un décor volontairement dépouillé: une haute paroi au fond de la scène et un plan incliné où s’illustre le récit des combats. Cette mise en scène et le jeu des comédiens, d’une stupéfiante intensité, captivent jusqu’aux derniers mots. M-P P. Théâtre du Vieux-Colombier - Comédie-Française 6e.