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Parcours en images de l'exposition
UNE JOURNÉE AU XVIIIe SIÈCLE
Chronique d’un hôtel particulier
avec des visuels
mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue
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Qui n'a pas vécu dans les années voisines de 1789 ne sait pas ce que c'est que le plaisir de vivre. Talleyrand.
Bienvenue au musée des Arts décoratifs et dans l’exposition «Une journée au XVIIIe siècle. Chronique d’un hôtel particulier». Nous vous souhaitons une bonne visite!
Qui mieux que Talleyrand, qui avait connu la cour de Versailles sous le règne de Louis XVI avant de devenir ministre des Affaires étrangères de Napoléon Ier, pour exprimer ce que fut cet art de vivre à la française auquel le XVIIIe siècle a donné la forme la plus aboutie?
Certes, celui-ci est avant tout le privilège d’une élite, qu'elle soit de naissance, d’argent ou de talent et ne saurait être le reflet des conditions de vie de la population entière.
Néanmoins, il exprime à la perfection les modes, les goûts, les valeurs et les usages vers lesquels tous les yeux convergeaient alors en Europe, et par-delà depuis la jeune Amérique. Car Paris s'affirme au XVIIIe siècle comme la capitale d'un luxe, ce «superflu, chose très nécessaire» (Voltaire), toujours en quête d’innovation.
La relative stabilité politique, une conjoncture économique florissante et l'absence de guerre sur le sol français constituent ainsi un environnement favorable à l’éclosion des arts, sous le double impératif de l'agrément et de la commodité, autrement dit du beau dans l’utile. Fondé en 1864 en pleine réhabilitation esthétique du XVIIIe siècle, le musée des Arts décoratifs a fait sienne cette alliance, devenue sa devise.
Avec plus de 550 pièces originales issues en grande partie de ses collections, et pour la plupart rarement montrées, l'exposition «Une journée au XVIIIe siècle. Chronique d’un hôtel particulier» convoque tous les domaines d’expression pour redonner vie à un hôtel particulier parisien dans les années 1780. Dans une ambiance romanesque, sonore et olfactive, qui suit un fil narratif, vous êtes invité à déambuler de pièce en pièce, comme si vous étiez un proche de la famille qui vous ouvre grand ses portes, de son lever à son coucher.
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Affiche de l'exposition |
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Texte d'introduction du livret d'accueil. |
1 - L’hôtel particulier, dans la ville, face à la rue
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- Nicolas Jean-Baptiste Raguenet (1715-1793). Le Pont-Neuf et la Pompe de la Samaritaine vus du quai de la Mégisserie à Paris, Paris, 1755. Huile sur toile.
- Hubert Robert (1733-1808). La Porte Saint-Denis, Paris, vers 1770. Huile sur toile.
- Hubert Robert (1733-1808). La Porte Saint-Martin, Paris, vers 1770. Huile sur toile.
Comptant 700 000 habitants à la veille de la Révolution, Paris illustre l'importance prise, au XVIIIe siècle, dans un royaume encore largement rural, par le phénomène urbain. Capitale politique, économique et culturelle, elle attire les provinciaux venus pour affaires et les voyageurs étrangers, auxquels se joignent les gens des campagnes en quête d'un travail. Cette attractivité nourrit la production de vues peintes de Paris qui insistent sur les monuments remarquables de la ville Lumière: ici (tableau du bas), le Pont-Neuf, premier pont dépourvu de maisons, et la pompe de la Samaritaine, qui alimentait en eau le palais du Louvre.
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Avant de pénétrer dans l'hôtel, encore faut-il cheminer jusqu’à lui à travers la rue parisienne, le pavé embarrassé de véhicules, les murs saturés d'affiches, l'air vibrant des cris des marchands ambulants, au milieu des langues, des patois, des accents les plus divers. S’insérant la plupart du temps dans un tissu urbain qui préexiste à sa construction et le contraint dans sa forme, l'hôtel semble obéir à deux souhaits contradictoires de ses propriétaires. Si l’on fuit la promiscuité visuelle, olfactive et sonore du pavé, on cherche aussi à signifier au voisinage qui l’on est. Il faut être vu, mais pas regardé, dans une ville dont on s’isole, mais au cœur de laquelle on veut être. Le portail exprime parfaitement ce paradoxe. Parfois en léger ressaut, sinon en recul par rapport au mur de clôture pour faciliter l’accès des voitures, il prend la forme d'une composition architecturale monumentale, qui, tout à la fois, accueille les visiteurs et tient à distance les fâcheux. Surmonté de figures allégoriques ou d’armoiries, il signale la qualité du maître de céans dont il peut porter le chiffre (initiales) ou le nom.
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Texte du panneau didactique. |
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Étienne Jeaurat (1699-1789). Le colleur d'affiches, Paris, vers 1736-1740. Huile sur toile.
À l’instar des portes de la ville, des places, des portails d‘églises et des carrefours, les murs qui enserrent les hôtels particuliers sont des emplacements convoités par les annonceurs, car c’est là que logent les individus les plus à même de consommer. Muni d’un pot de colle, d’une brosse et d’une échelle qui lui permet de protéger sa publicité de l’arrachage en la plaçant en hauteur, qui fait partie des 40 autorisés dans Paris, s’apprête à informer de la représentation prochaine au Théâtre-Français, de la comédie Le Mari amoureux de sa femme. Un valet en livrée observe depuis l’entrée de l’hôtel. |
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Affiches.
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Affiches.
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Avis important au sujet des chiens qu'on mène dans les Églises.
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Citation de Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830. |
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2 - La cour d'honneur
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Statuettes des cris de Paris. Manufacture de Meissen, vers 1753-1778. Porcelaine dure, polychromie, dorure.
Les rues de Paris résonnent des interjections des marchands ambulants qui portent leurs articles dans des hottes ou les chargent dans une brouette. Hommes, femmes et enfants se faufilent entre les voitures, au milieu des rues boueuses, menaçant de glisser sur le pavé. Ces silhouettes familières du petit peuple de Paris inspirèrent les artistes comme Edme Bouchardon qui saisit leur singularité dans des dessins repris par Meissen pour réaliser des statuettes réalistes servant de décor sur les tables de fêtes.
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Au XVIIIe siècle, la physionomie de l'hôtel obéit à trois formules. Contrairement à leurs confrères italiens, imités par toute l’Europe, les architectes français préfèrent au «palais-bloc» qui toise la rue de toute sa hauteur, un modèle où le corps de logis se développe entre une cour d’honneur à l’avant et un jardin d'agrément à l’arrière. Promue par l'édification des places royales, une autre solution consiste à reporter le corps de logis en façade sur la voie publique, en rejetant cour et jardin à sa suite. Enfin, on peut aussi concentrer les appartements dans un bâtiment isolé des murs mitoyens latéraux. Au son des sabots qui résonnent dans la cour d'honneur, entièrement dégagée pour permettre aux voitures d'évoluer, on devine l'arrivée d'invités de marque. Cette cour est souvent bordée par deux ailes plus basses, recouvertes de moellons enduits et de tuiles, matériaux plus modestes que la pierre de taille et l’ardoise du corps de logis. Elles accueillent les communs qui regroupent les services de bouche et ceux dévolus au transport: si les remises pour les voitures peuvent être proches de l’entrée de l'hôtel, les fonctions plus bruyantes, salissantes et malodorantes, comme les écuries et les cuisines, sont reléguées autour d’une cour secondaire.
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Texte du panneau didactique. |
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Chaise à porteurs. Paris, vers 1740-1750. Bois, cuir, verre, toile peinte. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.
Pour les sorties individuelles, la chaise à porteurs offre une alternative au carrosse car elle est peu encombrante et se faufile partout. Seuls deux porteurs résistants sont nécessaires, qui saisissent les deux bâtons et accompagnent homme ou femme à l'abri dans son habitacle tapissé comme un fauteuil confortable. La chaise est un signe extérieur de richesse, dont le décor suit la mode; elle reflète le goût de son propriétaire qui peut aussi y apposer son chiffre (ses initiales), voire ses armoiries. |
3 - Le jardin
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Chardonneret, pots et seaux. |
Posséder un jardin à soi, dans l’espace confiné d’une ville ancienne comme Paris où le bâti ne cesse d'étendre son emprise, est une marque d'élection sociale. Tous les moyens sont bons pour conquérir ce privilège: treillages occultant les murs mitoyens pour donner l'illusion d’une parcelle plus vaste, cours plantées, aménagement de jardins perchés sur les terrasses ou gagnés sur les berges du fleuve, etc. Ainsi à l’abri de la promiscuité de la rue, on peut, tel le riche Parisien qu’évoque le poète Nicolas Boileau, «foulant le parfum de ses plantes fleuries, aller entretenir ses douces rêveries», mais surtout ouvrir son havre personnel à quelques invités triés sur le volet. Se rendre dans les beaux jardins de la capitale, dont les guides du XVIIIe siècle vantent les mérites auprès des élites voyageuses d'outre-Manche et d'outre-Rhin, fait partie des mondanités, et la concurrence fait rage entre les personnalités à la mode qui rivalisent de dépenses et d’extravagances jardinières. Portée par un nouveau rapport à la nature et l'émergence d’un discours hygiéniste, la promenade s'étend au-delà du pré carré de verdure de l'hôtel particulier dans les jardins semi-publics comme celui des Tuileries.
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Texte du panneau didactique. |
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Jean-Baptiste Pillement dit Jean Pillement (1728-1808). Vue des jardins du palais Devisme à Benfica, près de Lisbonne. Lisbonne, 1785. Huile sur toile.
Lors de son second séjour au Portugal à partir de 1780, Jean Pillement exécute avec ses vues des jardins de la propriété Devisme à Benfica, l'une de ses rares incursions dans le domaine du paysage réaliste. Issu d’une famille de la noblesse picarde huguenote réfugiée en Angleterre, Gérard Devisme a bâti sa fortune sur le monopole de l’importation des diamants et du palissandre en provenance du Brésil. Construit en 1760-1770, son palais de Benfica était surtout célèbre pour ses jardins, mélange de styles anglais et français. |
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Papier peint à motif répétitif à raccord droit. Manufacture Jacquemart et Bénard. Paris, 1794-1797. Papier rabouté, fond bleu brossé a la main, impression à la planche de bois en dix couleurs. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Citation de Nicolas Boileau, Satire VI, 1666. |
4 - Un hôtel, des hôtels
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
L'hôtel est la résidence urbaine d’un personnage important, de sa famille et de sa domesticité. Cette importance se mesure d’abord à sa fortune, car l'hôtel représente, par sa taille, son architecture et son décor, un investissement considérable. Mais la qualité du personnage n'est pas moins décisive; elle vient de son appartenance aux deux premiers ordres de la société (noblesse et clergé), de son rang social, voire de son aura. Héritier d’une longue tradition qui remonte à la fin du Moyen Âge et sujet à toutes les modes, l’hôtel présente des visages multiples et contrastés, balançant sans cesse entre la norme et l'exception. Or, Paris connaît au XVIIIe siècle une véritable fureur de bâtir qui relève en premier lieu d’un souci de distinction sociale et qui voit converger toujours plus à l’ouest de la capitale des personnalités en quête de parcelles aérées susceptibles d'accueillir un corps de logis entre cour et jardin. À l’intérieur de l'hôtel, distribution et décor obéissent à des règles précises. On distingue les appartements d’apparat et ceux de société où l’on reçoit de manière plus ou moins formelle et les appartements de commodité, réservés à un usage privé. Les pièces sont disposées en deux enfilades, l’une sur cour, l’autre sur jardin. Leur aménagement suit une gradation dans le luxe et varie avec les saisons.
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Texte du panneau didactique. |
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Fontaine et son bassin. France, fin du XVIIe siècle. Cuivre. |
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Scénographie. |
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Cage à oiseaux. France, XVIIIe siècle. Fer peint et doré, porcelaine, polychromie. |
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Plaque murale en forme de cage à oiseaux. Delft, vers 1780. Faïence, polychromie.
Animaux de grande valeur collectionnés dans les ménageries royales et princières depuis le XVIe siècle, les oiseaux exotiques deviennent au XVIIIe siècle des symboles d'élégance et de divertissement, dont l'acquisition est favorisée par l’intensification du commerce outre-mer. Oiseaux chanteurs et autres perroquets se répandent dans les demeures bourgeoises et aristocratiques. Véritables attractions pour la famille et ses invités, les oiseaux sont gardés en cage, et certains apprennent à chanter. La faïence et la porcelaine reproduisent les couleurs et la fantaisie des oiseaux grandeur nature ou des cages en trompe l'œil au réalisme saisissant. |
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Scène de l'Annonciation. Nevers, début du XVIIIe siècle. Verre filé et soufflé, textile, papier, bois, émail.
L'annonce faite à la Vierge Marie de sa maternité prochaine par l'ange Gabriel est traitée au moyen de toutes les séductions miniatures d'une chambre de maison de poupée. À mi-chemin entre le jouet et l’objet de dévotion, cette scène était propre à encourager la pratique et la vocation religieuses chez les enfants. |
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Attribué à Louis Léopold Boilly (1761-1845). La famille Gohin, Paris, vers 1788. Huile sur toile.
Ce portrait présente une famille de la bourgeoisie commerçante et industrielle en pleine ascension, à travers trois générations. Le patriarche, Julien Gohin, marchand droguiste à Paris, est assis devant un secrétaire à cylindre. Son épouse tient un épagneul sur ses genoux et étreint sa petite-fille. Derrière eux se tiennent leur fille et leur gendre, notaire rue Cambon. Sa jeune épouse à son bras, le fils Gohin, Louis Julien, qui s’imposera comme l’un des principaux marchands de couleur parisien, désigne fièrement les navires qu'il affrète vers les Indes.
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- Fauteuil d'enfant. France, vers 1730-1740. Hêtre sculpté et ciré, cannage.
- Chien carlin et son chiot. Manufacture de Meissen, vers 1734-1737. Porcelaine dure, polychromie, dorure.
Au XVIIIe siècle, une nouvelle sensibilité, plus attentive au bien-être animal, se fait jour Ceux que l'on ne qualifie pas encore «de compagnie», mais qui sont «d'agrément», car sans utilité économique, font désormais partie intégrante de la famille. Inutiles et beaux, reflets flatteurs de l'oisiveté aristocratique, ils concourent au prestige de leurs propriétaires. D'origine asiatique et parvenu en Occident par les mêmes routes que la porcelaine, le carlin s'impose comme le chien de salon par excellence. Son nom est emprunté à un personnage de la commedia dell'arte. |
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Habit masculin à la française. France, vers 1780. Taffetas de soie.
Lorsqu'il sort dans le monde ou à la Cour, l'habit «à la française», composé d'un justaucorps (l'habit), d’un gilet et d’une culotte, est de règle. Né vers 1760, le costume trois pièces, d'abord ample et long, se rétrécit et se verticalise, donnant à la silhouette une allure longiligne. La chemise, qui est un sous-vêtement, est en partie cachée à l’encolure par un col plissé et un jabot ou une cravate. Les mollets apparents sont couverts de bas. Enfin, des boucles ferment les pattes des souliers ou, plus petites et assorties, serrent culotte et bas au niveau du genou. |
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Robe à l'anglaise. France, 1780-1785. Pékin de soie fond blanc à rayures roses et fines rayures vertes en zig-zag,
brochée de fleurs en bouquets en fils de soie. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.
Moins formelle que celle «à la française», la robe «à l'anglaise» devient à la mode vers 1770. Plus courte pour faciliter la marche, elle se porte sans panier et se caractérise par un corsage ajusté, doté de trois baleines au dos. Madame l’accessoirise ici avec un tour de gorge réalisé en «sourcils de hanneton», une sorte de galon orné de fils de soie noués en touffes. Les plus élaborés s’achètent auprès des marchandes de mode, mais certains sont fabriqués par les dames elles-mêmes. Celles-ci ne sortent jamais sans leur sac à ouvrage: outre les instruments de couture, on y glisse mouchoir, almanachs et mots doux.
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Tympan cintré de porte cochère. Paris, vers 1690-1715. Chêne sculpté. |
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Adjudication d'une grande maison.
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5 - La maisonnée
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Au sein de l'hôtel entendu comme maison familiale, Monsieur et Madame disposent de leurs appartements respectifs, tandis que les enfants bénéficient d’un espace indépendant et que les domestiques logent sous les combles. Pour mener «grand train», il convient en effet de pouvoir compter sur une quinzaine de gens à son service parmi lesquels règne une stricte hiérarchie. Celle-ci, dominée par la domesticité masculine, est fonction de la plus ou moins grande proximité avec les maîtres, du degré de spécialisation et de la nature intellectuelle (intendant, médecin, aumônier, gouvernante, etc.) ou manuelle de la fonction. Pour améliorer le service dans un souci de confort et d'intimité des maîtres, les circulations horizontales (couloirs, corridors, portes dérobées) et verticales (escaliers de service, entresols) sont démultipliées par les architectes. La plupart du temps confiés à des nourrices jusqu'à leurs deux ans, les enfants ne voient leurs parents durant leurs premières années qu’au moment du réveil et des repas. Ils passent le reste de la journée en compagnie, pour les filles, de leur gouvernante et pour les garçons, de leur précepteur. Les animaux familiers, auxquels un nouvel attachement lie leurs propriétaires, complètent ce portrait de la maisonnée.
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Texte du panneau didactique. |
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Citation de Marcel Proust, Du côté de chez Swann, 1913. |
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Livrée de domestique masculin: habit, gilet et culotte. France, vers 1770. Drap de laine et passementerie de laine.
Pour se différencier du «vulgaire», le maître qui ne peut sortir seul est tenu de s’entourer d’un nombre de serviteurs proportionnel à son rang. L’apparence des domestiques est primordiale, si bien qu’en 1713, le roi Louis XIV rend obligatoire le port de la livrée pour les pages, laquais, cochers, palefreniers, portiers et jardiniers. Celle-ci doit en effet les rendre reconnaissables: galons de couleur ou armoiries brodées indiquent l’appartenance à telle ou telle maison. Le maître a l'obligation de la renouveler une à deux fois par an. |
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Scénographie (détail ci-dessous).
Vers 1770, le nombre d'esclaves de couleur présents en métropole est évalué entre 4000 et 5000: la majorité d’entre eux habitent Paris où ils sont employés dans les hôtels particuliers comme valets, nourrices, servantes ou cuisiniers. Souvent associée, dans les arts décoratifs, à la consommation de produits coloniaux comme le café, le chocolat ou le sucre, la représentation d’un esclave à la peau noire sert ordinairement à cette époque de faire-valoir chromatique, qu'il s’agisse de mettre en valeur le teint de porcelaine de sa maîtresse, la transparence des carafes, l'éclat du marbre ou de l'argenterie, voire l'aspect laiteux de certains mets. |
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Le Baise-main. Manufacture de Meissen. Vers 1740. Porcelaine dure, décor polychrome, dorure.
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André Bouys (1656-1740). Une servante qui récure de la vaisselle d'argent. Paris, 1737. Huile sur toile. |
6 - Les heures et les jours
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Ensemble de petits almanachs récréatifs. Paris, 1763-1798.
La conception traditionnelle du calendrier dans l'almanach cède la place, au XVIIIe siècle, à un objet de distraction, de sentiment et d'intimité. Par ses chants et partitions gravés, il suscite l'interaction, amuse et devient un compagnon de veillée. Ses reliures ornées de sequins, de perles, de miroirs ou de médaillons peints satisfont l'œil des dames. Enfin, ses pochettes pour mots doux en font l'écrin discret de confidences, offrant la plus belle preuve d'amour qu’un amant puisse laisser.
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Si le XVIIIe siècle a apporté des avancées majeures dans la mesure du temps, le XVIIIe siècle fait de l'horlogerie civile et domestique un bien de consommation désirable, qui, par sa prolifération au sein des foyers aisés, témoigne d’une intériorisation accrue de l'heure par les individus. Certes, l'aspiration au progrès technique est telle que les Lumières ne cessent d'améliorer la justesse des instruments comme leur facilité de conception, d’usage et de réparation. Mais la nouveauté réside surtout dans l'omniprésence de ces objets, pour lesquels des sommes considérables d'acquisition et d'entretien sont mobilisées. Posséder des pendules vous pose en effet socialement: des emplacements de choix leur sont donc réservés, par exemple sur les cheminées. Mentionnées dans les appartements des maîtres, elles sont en revanche absentes des pièces de service. Dans les cuisines, on estime ainsi le temps de cuisson des plats à leur résistance au doigt ou au couteau. Dans les chambres des domestiques, il n’y a pas non plus de montre, car les maîtres n'attendent pas d’eux qu'ils soient ponctuels, mais réactifs à leurs sollicitations.
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Texte du panneau didactique. |
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Tableau mécanique. Desmares, horloger; Nicolas Spayemant, peintre. Versailles, 1739. Huile sur tôle de fer; bois doré et émail (cadre).
Joseph Bonnier de la Mosson conçoit son hôtel de la rue Saint-Dominique (détruit aujourd'hui) comme une succession de cabinets de curiosités ouverts aux savants et aux curieux. Un des chefs-d'œuvre de son cabinet de mécanique et de physique, dont la porte devait être ouverte par un automate grandeur nature (jamais réalisé), est un «tableau mouvant». Animé de soixante personnages mus par un mécanisme complexe d’horlogerie, il comporte également quatre cadrans donnant l'heure, les quantièmes, les jours de la semaine et les mois.
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Pendule à poser Le Temps prêt à trancher le fil de la vie. Henri Charles ou Charles Père l'aîné Balthazar (avant 1700-1773), horloger; attribué à Jacques Confesseur (vers 1695-1759), fondeur; Joseph Coteau (1740-1801), émailleur. Paris, vers 1745-1749 (caisse et mouvement) et vers 1782 (cadran et aiguilles). Bronze ciselé et doré, émail, verre. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Horloge à poser à heures décimales et duodécimales, jours de la semaine et de la décade, quantièmes et phase de la lune. Philippe Jacques Corniquet (?-1813), horloger ; C. Merlet, émailleur. Paris, vers 1795. Bronze ciselé et doré, émail, laiton, verre.
Avec la Révolution, le temps doit se plier à l'ordre nouveau. Le calendrier républicain commence le 22 septembre 1792, au lendemain de la chute de la monarchie. L'année est divisée en 12 mois égaux, de 30 jours chacun, auxquels s'ajoutent 5 jours volants, les «sans-culottides». Les décades remplacent les semaines. La journée adopte un découpage en heures décimales. Les mois sont renommés en fonction des caractéristiques des saisons et les jours abandonnent toute référence aux saints. Cette réforme donne lieu à la production d’horloges républicaines dont celle de Corniquet est un des rares exemples conservés. |
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Pendule. Ladouceur à Paris, manufacture de Chantilly. Vers 1745. Porcelaine tendre, bronze ciselé et doré. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Paire de semainiers. Paris ?, vers 1785. Bronze fondu, ciselé et doré, acier bleui.
Objets usuels à la fois fonctionnels et décoratifs, les semainiers trouvent leur place dans les intérieurs des habitations aristocratiques. Chacun des sept compartiments est gravé d’un jour de la semaine et reçoit les petits mots à ne pas oublier. Bien qu'avant tout utilitaires, ces pense-bêtes sont dotés d’un décor raffiné en bronze doré finement ciselé. Le masque de lune sommital entouré de nuages et d'étoiles confère un brin de poésie nocturne au temps qui régit la vie quotidienne. |
7 - 6h15 - Le vestibule
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Scénographie |
LE VESTIBULE
Importé d'Italie au milieu du XVIIIe siècle, le vestibule est un espace de passage, placé au centre de l’enfilade au rez-de-chaussée de l’hôtel côté cour, où les valets en livrée accueillent et introduisent les visiteurs. Domaine de l'architecte et non du tapissier, son apparence est minérale et d’une noble sobriété. Les murs de pierre sont scandés de pilastres ou de colonnes, entre lesquelles s’immiscent parfois des niches abritant des statues. Le sol est également de pierre ou de marbre. Les baies n’admettent aucun rideau et le plafond est exempt de toute peinture. Seul un poêle monumental en faïence vient parfois réchauffer l'atmosphère. Le mobilier, réduit, est à l'unisson: quelques banquettes, une ou deux consoles en bois sculpté et doré, sur lesquelles les domestiques peuvent poser lanternes et autres luminaires portatifs dont ils se servent à l'aube ou à la nuit tombée. Vestibule et escalier d'honneur desservent les différents appartements qui comprennent nécessairement chacun une antichambre, une chambre et un cabinet. À ce noyau primordial s’ajoutent de nombreuses pièces, à la spécialisation accrue: la recherche de confort et d'intimité est en effet le maître mot du siècle.
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Texte du panneau didactique. |
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- Lanterne pliante. Paris, 1738-1744. Nacre, argent, papier.
- Lanterne pliante «Chinoiserie». Paris, vers 1750. Bois, vernis Martin, cuir, laiton, papier.
- Lanterne vénitienne, XVIIIe siècle. Papier, parchemin, décor en arte povera.
À Paris, l'installation de lanternes est liée au contrôle policier: voir et être vu est capital pour éviter le désordre public; les briseurs de lanternes étaient envoyés aux galères. Dans les intérieurs bourgeois, l'éclairage mobile est procuré par des bougeoirs à main fixés à un manche et des lanternes en laiton parfois pliantes. À la fin du siècle, les lanternes de poche en papier plié en accordéon dans des étuis ronds et plats en papier dominoté, voire en nacre et argent ou en vernis Martin, servent aussi pour les sorties nocturnes. |
8 - 7h15 - Le matin – La chambre et ses dépendances
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Scénographie |
Dès le réveil de Madame ou de Monsieur vers 7 h, un domestique ouvre les rideaux du lit et sert le déjeuner, premier repas de la journée. Celui-ci se compose d’un bouillon de viande et de légumes, que complète une tasse de café ou de chocolat, la mode de ces breuvages exotiques progressant. Le lever est aussi un temps de convivialité: on reçoit ses amis, ses fournisseurs, son secrétaire, ainsi que son directeur de conscience. En effet, aussitôt réveillé, on fait sa prière avant même de s'habiller. Si la salle de bains est de plus en plus fréquente dans les intérieurs des gens fortunés à la fin du siècle, la possession d’une baignoire reste un luxe et, au quotidien, la toilette à l’eau se limite à l'usage d’une aiguière et de sa cuvette pour les mains et le visage, de larges bassins pour les pieds et du bidet pour les parties intimes. Monsieur, dûment rasé, et Madame s'installent alors pour être coiffés, poudrés, fardés et parfumés. Vient enfin le moment de s’habiller: valet et femme de chambre apportent les vêtements depuis la garde-robe voisine.
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Texte du panneau didactique. |
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Les Facéties de Don Quichotte. Manufacture Oberkampf d’après Jean-Baptiste Huet (1745-1811). Jouy-en-Josas, vers 1785. Coton imprimé. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Baignoire en chaise longue. France, seconde moitié du XVIIIe siècle. Bois, cannage, tôle émaillée, textile.
Longtemps amovibles et mobiles, les baignoires, généralement au nombre de deux (l'une pour se laver, l'autre pour se rincer), nécessitent d'être alimentées en eau et vidées à la main au moyen de hottes en cuivre. Cependant, à l'occasion de ces transvasements, l'eau refroidit. Il faut alors la réchauffer au moyen d’un chauffe-bain. Rempli de braises incandescentes, celui-ci est plongé dans l’eau. Une fois leurs petits couvercles retirés, les deux cheminées latérales diffusent la chaleur et amènent de l'air frais à la base du brasier, favorisant ainsi sa combustion.
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Garniture de lit «À la duchesse». Orléans, seconde moitié du XVIIIe siècle. Toile de coton imprimé à la planche et pinceauté, siamoise. © Les Arts Décoratifs. |
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Table de nuit. |
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Scénographie. |
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Scénographie. |
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Scénographie |
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Table de toilette « en coeur ». Charles Topino (vers 1742-1803). Paris, vers 1775. Bâti en chêne, placage de bois de rose, de bois de violette, d’amarante, de houx et de citronnier, bronze ciselé et doré. Estampille sous la traverse arrière, du côté droit: C. TOPINO; marque de jurande sous la traverse arrière, du côté droit: JME. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Meuble d'en-cas. France, vers 1760-1770. Bâti en chêne et sapin; placage en bois de rose, bois de violette, houx et poirier; bronze ciselé et doré; dessus en cuir. |
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Bourdaloue. Manufacture de Chantilly, vers 1750. Porcelaine tendre, polychromie.
Le bourdaloue tire son nom d'un des plus grands prédicateurs du règne de Louis XIV, le père Bourdaloue (1632-1704), connu pour la longueur de ses sermons. Durant les offices, les femmes se faisaient apporter par leur servante un petit pot de céramique oblong afin de se soulager. Muni d'une anse et légèrement pincé en son centre pour s'adapter à la morphologie féminine, le bourdaloue était alors passé discrètement sous leur jupe. Il est produit dans toutes les manufactures de faïence comme de porcelaine jusqu'à la fin du XIXe siècle.
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Jean Démosthène Dugourc (1749-1825). Projet de lit «À la polonaise». Paris, vers 1784-1790. Plume, encre noire, aquarelle sur papier. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Chaise longue brisée. Paris, vers 1740-1750. Chêne et hêtre sculptés, peints en blanc (1969), damas (1969). © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Commode. Roger Vandercruse dit Lacroix (1728-1799) pour Pierre IV Migeon (1696-1758). Paris, vers 1715.
Chêne, bois de violette, bois de rose, amarante, bronze ciselé et doré, marbre brèche d’Alep. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.
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9 - 10h15 - L’avant-dîner
Le cabinet ou la bibliothèque de Monsieur
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Scénographie avec paire de globes terrestre et céleste.
Didier Robert de Vaugondy (1723-1786), géographe. Paris, 1763. Papier, bois doré.
Didier Robert de Vaugondy contribua à une réforme profonde de la cartographie grâce aux extraordinaires progrès de l'astronomie et des instruments de mesure. Sous l'impulsion de l'Académie des sciences, les géographes de la première moitié du XVIIIe siècle donnèrent une nouvelle image de la Terre, en représentant avec une grande rectitude la position et les contours des continents, ainsi que le tracé des fleuves. Support à l’enseignement de la géographie, les globes témoignent d'une volonté de mieux comprendre le monde comme le recommandent le goût pour les explorations lointaines et les voyages..
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Si Monsieur ne travaille pas de ses mains, de peur de déroger (manquer à son rang), il n’est pas pour autant oisif. Chaque jour, il consacre quelques heures à la gestion des comptes de ses propriétés, rédige sa correspondance et répond aux obligations de ses charges officielles. Au-delà de ces responsabilités, les gentilshommes du XVIIIe siècle, tout comme très souvent leurs épouses, cultivent le goût de l'étude des sciences, de la philosophie, des arts ou encore des curiosités en provenance de pays lointains tels que la Chine ou le Japon. À l’instar du boudoir de Madame, la bibliothèque de Monsieur est un des lieux les moins formels des appartements. Le maître de céans aime s’y réfugier, alors simplement drapé dans une robe de chambre, vêtement inspiré des tenues orientales. Dans ces moments d'intimité, il troque l’inconfortable perruque au profit d’un bonnet qui protège sa tête du froid et dissimule son crâne rasé. Pour se délasser, Monsieur s’adonne également à la préparation de son tabac pour pouvoir le priser et en offrir par la suite à la compagnie, y compris féminine.
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Texte du panneau didactique. |
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Secrétaire à abattant. Jean François Leleu (1729-1807). Paris, vers 1786. Bâti en chêne et résineux; placage d'acajou; bronze doré; marbre; cuir; laiton. © Les Arts Décoratifs. |
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Adélaïde Labille-Guiard (1749-1803). Le prince Charles Roger de Bauffremont, Paris, 15 mai 1789. Huile sur toile. |
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- Chaufferette. Paris ?, 1780-1790. Faïence émaillée ton jaune d'ocre.
- Chocolatière. Jean-Baptiste-François Chéret, orfèvre (reçu maître en 1769). Argent, manche en citronnier.
La recherche du confort dans les pièces intimes suscite la création de chauffages d'appoint, comme la chaufferette. On y insérait une brique de fer préalablement rougie, dont la chaleur était réfractée par la céramique. L'ouverture circulaire sur le dessus suggère qu'elle pouvait faire également office de réchaud pour le café, l’eau du thé ou le chocolat. Son décor en relief d’inspiration antique représente la toilette de Vénus et en fait un objet d'art à la dernière mode en cette fin du XVIIIe siècle. |
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Scénographie avec secrétaire à cylindre. Jean Henri Riesener (1734-1806). Paris, vers 1780.
Bâti en acajou; placage d'acajou; bronze doré. © Les Arts Décoratifs. |
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Dessin pour toile de Jouy. La physique et la chimie. «Dessinateur n°1». France, vers 1785. Plume, encre noire, lavis gris et aquarelle verte.
En 1759, le roi lève l'interdiction qui frappait depuis 1686 l'importation et la fabrication des toiles de coton imprimées appelées «indiennes». Légères et colorées, celles-ci connaissaient un tel succès que les soyeux de Lyon et les manufactures royales de laine s'étaient insurgés face à cette concurrence. Dès lors, de nombreuses fabriques naissent dans le royaume, la plus célèbre étant celle de Jouy près de Versailles, fondée par Christophe Philippe Oberkampf en 1760. Les motifs font écho à l'actualité comme les dernières inventions scientifiques: ici, la pompe à vide de l'abbé Nollet et la machine de Jesse Ramsden, génératrice d'électricité. |
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Citation de René Louis de Voyer, marquis d'Argenson, Journal et mémoires, 1731. |
10 - 16h15 - L’Après-dîner – Le boudoir de Madame
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
Après le dîner, deuxième repas de la journée, les jours où elle ne sort pas et ne tient pas salon, Madame se retire dans une pièce bien à elle, le boudoir, objet de tous les fantasmes littéraires du siècle des Lumières. C'est là qu'elle peut s’adonner à la lecture, confortablement assise dans un lit de repos, l’ottomane, ou bien encore à l'écriture grâce à son secrétaire à gradins qualifié de «bonheur-du-jour». De petites tables volantes, c'est-à-dire aisément déplaçables, lui permettent de prendre une collation. Le dessin, l'aquarelle et les travaux d’aiguille font également partie de ses passe-temps favoris. Elle confectionne ainsi de menus ouvrages en perles tissées, les sablés, ou joue à faire des nœuds et des cordelettes en fils de soie, au moyen de navettes luxueuses comme des bijoux: on appelle ce dernier loisir, qui n’est pas que féminin, «faire des frivolités». C'est là qu'un messager lui transmet discrètement les hommages de quelque admirateur qui l’incitent à la rêverie ou la plongent au contraire dans le désespoir le plus cruel: «vite, Lison, le flacon de sels!»
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Texte du panneau didactique. |
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
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Jean-Baptiste Marie Pierre (1714-1789). La mauvaise nouvelle, Rome, 1740. Huile sur papier marouflé sur toile. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Pierre Antoine Baudouin (1723-1769). La Lecture, Paris, vers 1765. Gouache sur papier. |
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Scénographie.
Légères et souvent munies de roulettes, les tables «volantes» se déplacent au gré des besoins. Table en cabaret couverte d’une plaque en porcelaine pour servir les boissons chaudes, «serviteur» à double plateau, réglable en hauteur et doté d'un chandelier, la déclinaison des tables d'appoint témoigne de l’ingéniosité de l’ébéniste Martin Carlin et de l’idée novatrice de marier la porcelaine à l'ébénisterie due au marchand mercier Simon Philippe Poirier. Une brillante alliance entre fonctionnalité et esthétisme.
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Bonheur-du-jour. Martin Carlin (vers 1730‑1785), ébéniste. Paris, vers 1766. Chêne, bois de rose, érable ondé, ébène, amarante, bronze ciselé et doré, porcelaine tendre. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Ottomane. France, vers 1775-1780. Noyer sculpté, peint en gris et doré. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Scénographie. |
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Scénographie. |
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L'un des passe-temps favoris de Madame, comme de Monsieur, est de «faire des nœuds» au moyen de fils de soie et de navettes (au fond, à droite), semblables par leur forme à celles des tisserands, mais assimilables par leurs matériaux à de véritables bijoux. Les galons ainsi obtenus servent de passementerie pour orner des mouchoirs, des pochettes, des vêtements, des jarretières, des coussins, des sièges ou des rideaux. Cette production mondaine, que l'on peut rattacher à l'art de la dentelle nouée, porte le nom de «frivolité».
La technique du sablé (devant, à droite) compte parmi les plus méconnues du XVIIIe siècle. Elle consiste en la taille et le tissage de perles de verre fines comme du sable, qui donne son nom aux objets recouverts de la trame ainsi obtenue. Leur variété est infinie, chapelet, manches de couvert, flacons, porte-lettres, voire dessus de souliers. Les sujets galants et les devises sont privilégiés. Toutefois, on ignore si ces objets étaient réalisés dans la sphère privée ou par des religieuses lors de leurs travaux d'aiguille.
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Scénographie. |
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- Pot de chambre. Manufacture de Vincennes. Avant 1755. Porcelaine tendre, polychromie, dorure.
- Chaise d'affaires. Paris, vers 1740. Noyer, hêtre, canne. |
11 - 18h00 – L’oratoire
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Scénographie |
En France, au XVIIIe siècle, la religion catholique est celle du roi et domine toutes les couches de la société. Outre l'obligation d'assister à la messe et de participer aux différentes cérémonies de l’année liturgique, les fidèles sont tenus de pratiquer au quotidien, selon les règles édictées par l’Église. Malgré les progrès des idées philosophiques et de l’esprit libertin, la dévotion reste grande. Si l’hôtel particulier compte traditionnellement un oratoire privé, on se recueille aussi volontiers dans la chambre à coucher. Madame et Monsieur prient le matin, après s’être levés, et le soir, avant de se coucher. Un crucifix, une image pieuse ou un bénitier se trouvent communément auprès du lit, le plus souvent accrochés à la paroi de l’alcôve, afin de favoriser le recueillement. Pour faciliter la prière individuelle et la pratique de la méditation, l'usage du prie-Dieu personnel se répand. Un prêtre, directeur de conscience de la famille, lui rend fréquemment visite, la guide dans sa vie spirituelle, se charge de l'éducation des garçons et prend part aux divers moments d'intimité de la maisonnée.
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Texte du panneau didactique. |
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Croix. Normandie, fin du XVIIIe siècle. Or, perles fines, grenats. |
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Cellule de religieuse dite «Boîte de nonne», XVIIIe siècle. Papier, cire, étoffe, bois, paille, verre.
En dépit de son apparence de maison de poupée, cette cellule n'est pas un jouet. Elle a été créée par une religieuse qui souhaitait faire connaître à ses proches la réalité de son cadre de vie. Ce type de production récréative est admis à l’intérieur des couvents, dans la mesure où par sa minutie et l'emploi de matériaux de récupération, il correspond aux impératifs d’une vie frugale et contemplative. Avec son lit à baldaquin, son mobilier en marqueterie de paille et ses images pieuses en abondance, cet intérieur reflète une certaine aisance. |
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Citation de Edmond Jean François Barbier, Journal, 1725. |
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Saint Suaire de Besançon. Besançon, seconde moitié du XVIIIe siècle. Taffetas de soie, peint et brodé de fils de soie et de métal.
Dans le sillage de la Contre-Réforme encourageant les images des souffrances du Christ, les pèlerins, qui se pressent auprès du Saint Suaire de Besançon, linceul blanc portant l'empreinte du corps supplicié du Christ, probable copie de la relique de Turin, s'en retournent avec leur saint suaire portatif. Confectionnées et commercialisées par les membres du clergé, ces étoffes de soie peintes, d'une touchante naïveté, richement brodées de fils de soie et de métaux précieux, sont utilisées comme supports de dévotion privée pour s'assurer protection et miracles. |
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Tableau-reliquaire à papiers roulés. France, 1690-1700. Gouache, papiers roulés et dorés, reliques. |
12 - 21h15 – Le dîner et le souper – La salle à manger
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
Le dîner a lieu dans l'aristocratie entre 14 h et 16 h, tandis qu’il se prend à midi chez le peuple. Avant de s’attabler, on se lave les mains à la fontaine murale. Si depuis le XVIIIe siècle les assiettes et les couverts sont individuels et placés devant chaque convive, le verre disposé dans un rafraîchissoir est rempli à la demande par un domestique et rendu après avoir été bu. Au milieu du XVIIIe siècle, la salle à manger en tant que pièce spécialisée dans la prise des repas s'impose. Elle est meublée d’une table encore à tréteaux, de chaises, souvent cannées, et de consoles ou buffets servant de dessertes. Différents plats sont servis simultanément selon le service à la française qui se décline en cinq vagues: d’abord les entrées, hors-d'œuvre, potages et terrines, puis les relevés de potage, viandes et poissons en sauce, suivis par les grands entremets, salés et sucrés, tandis que les légumes et les tourtes précèdent les desserts composés de fromages frais, crèmes, glaces, sorbets, compotes, confitures ou fruits. Au fil du temps, le dîner se prend fréquemment seul. De plus en plus tardif, le souper, servi entre 21h et 23h, est l’occasion de réunir une assemblée choisie.
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Texte du panneau didactique. |
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Repas intime - scène de théâtre? France, 1740. Émaux polychromes travaillés à la lampe sur fil de métal, dits «verre filé de Nevers», miroir, papier, coquillage et corail.
Davantage associées à des thèmes religieux, les scènes miniatures en verre filé dit de Nevers restituent plus rarement l'atmosphère intime ou théâtrale d’un repas ou d’un concert tels qu'ils se déroulaient dans les hôtels aristocratiques. Réalisées à partir de baguettes de verres opaques fondant à basse température, les figurines sont travaillées à la chaleur d’une lampe activée par un soufflet et modelées sur une structure en fil métallique. Traditionnellement associée à Nevers, cette technique est pratiquée dans bien d'autres villes et jusqu'au milieu du XIXe siècle. |
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
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Scénographie |
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Desserte-rafraîchissoir. Attribué à Joseph Gengenbach dit Canabas (vers 1715-1797). Paris, vers 1770. Bâti en chêne et résineux; placage d'acajou; tablettes en acajou massif; dessous du plateau en peuplier; marbre blanc; seaux en laiton argenté; poignées latérales, sabots et roulettes des pieds en bronze verni.
Le vin est au XVIIIe siècle préféré à l'eau dont la qualité laisse parfois à désirer et qui sert surtout à le couper. Comme on l'apprécie très frais, on place les bouteilles dans des rafraîchissoirs d'argent ou de céramique, remplis de sels, d’eau froide ou de glace, soit par terre, soit sur une console. Le souhait des convives de ne plus dépendre d’un valet pour être servis à boire suscite la création de petites dessertes, munies de seaux intégrés, que l’on dispose près de la table à portée de main. Bois imputrescible, l'acajou se prête bien à leur fabrication. |
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- Verres. France, XVIIIe siècle. Verre soufflé et modelé à chaud, certains décors par moulage.
- Plateau. Venise ou façon de Venise, XVIIIe siècle. Verre soufflé et modelé à chaud.
- Huilier-vinaigrier, XVIIIe siècle. Verre soufflé et modelé à chaud; anses appliquées. |
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Chevalier à son bureau écrivant une lettre d’amour. Manufacture de Meissen, d’après un modèle de Johann Joachim Kändler (1706-1775). Saxe, 1740-1748. Porcelaine dure, polychromie, dorure. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.
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Saucière du Service dits «Aux oiseaux Buffon». Manufacture de Sèvres, Sèvres, 1784-1787. Porcelaine dure, polychromie, dorure. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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François Boucher (1703-1770). Esquisse pour Le Repas de chasse. Paris, vers 1735. Huile sur toile. |
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Fontaine de salle à manger. Fabrique de Chapelle. Rouen, vers 1740. Faïence, polychromie.
Trônant dans la pièce dévolue aux repas dans les maisons de la petite noblesse ou de la bourgeoisie, la fontaine s’intègre parfois au décor architectural. Au XVIIIe siècle, l'accès à l'eau à domicile constitue déjà un certain luxe, la majorité des Parisiens s’approvisionnant aux fontaines publiques. La faïence offre l’avantage d’être plus saine que le cuivre dont les effets de la corrosion peuvent être préjudiciables à la consommation de l’eau. Pour améliorer celle-ci, on peut ajouter un filtre à sable. La fontaine sert à la fois à mettre les bouteilles à rafraîchir et à se laver les mains avant les repas, ce qui est avant tout un rituel de savoir-vivre. |
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Décor ou surtout de table avec jardin imaginaire. France, XVIIIe siècle (et XIXe siècle?). Bois, métal et miroir, papier polychromé découpé et textile, émaux polychromes (verre filé de Nevers), verre soufflé. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Jean Louis Prieur (1732-1795), ornemaniste. Modèle de surtout de table. Paris, vers 1770. Plume, encre noire, aquarelle sépia et vert foncé sur papier vergé.
Avec des règles établies au XVIIIe siècle, le service dit «à la française» est constitué de plusieurs services, chacun composé d'au moins six choix de mets. Au centre de la table des intérieurs aisés est placé un élément à la fois utilitaire et décoratif, le surtout. Présentant sel, poivre, épices, fruits frais et confits, ces centres de table contribuent au faste du décor par leurs dimensions imposantes et leurs riches ornements, tout en recevant des bras de lumière pour éclairer les soupers à la nuit tombée. Leur thème décoratif sert aussi à amorcer la conversation entre convives. |
13 - 23h15 - La soirée – Le salon de compagnie et le petit salon
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Scénographie |
Après un agréable souper, Madame propose de passer dans le salon de compagnie où, avec quelques amis mélomanes, elle improvise un concert de musique de chambre. La mode est désormais aux petits genres musicaux comme la cantate française, la sonate, les suites et les arrangements des grands airs d'opéra et d'opéra-comique pour deux ou trois instrumentistes. Harpe, clavecin, guitare, flûte traversière et violon sont particulièrement prisés. Une fois le concert achevé, les invités se partagent entre les agréments de la conversation où chacun fait assaut d’esprit et tient à se montrer au fait de l’actualité, qu’elle soit politique, littéraire, scientifique ou artistique, et la passion du jeu sous toutes ses formes. Qu'il repose sur le hasard, le raisonnement, l’adresse ou la divination, celui-ci fait fureur dans la bonne société. Pour pouvoir suivre les mises, Madame s'accoude à genoux sur une voyeuse, qui lui permet de regarder par-dessus l’épaule de son époux imprudent qui joue gros et risque toute leur fortune. Rien ne va plus!
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Texte du panneau didactique. |
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Scénographie. © Les Arts Décoratifs. |
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Antoine Watteau (1684-1721). Le Concert champêtre. Huile sur bois. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.
Dans un parc, Claude Bougy, marchand mercier papetier et bourgeois de Paris, a rassemblé autour de sa basse de viole un petit cercle d'amis mélomanes. Certains pratiquent en amateurs comme la joueuse anonyme de théorbe, vue de trois quarts. D'autres sont des professionnels, tel le flûtiste Nicolas Bernier, maître de musique de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. Parmi les auditeurs figure un berger, coiffé d’un grand chapeau: il s’agit d’un autoportrait du peintre Antoine Watteau. L'artiste fréquenta plusieurs assemblées musicales qui se produisaient dans les salons de riches particuliers. |
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Lustre dit «À lacé» à douze lumières. Paris, vers 1745-1755. Bronze fondu, ciselé et doré, cristal de roche, améthyste, quartz fumé. |
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Scénographie |
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Éventail plié de spectacle faisant référence à l'opéra Tarare d'Antonio Salieri. France, 1787. Monture en palissandre; feuille en papier vergé imprimée en taille-douce, mise en couleurs à la gouache.
Au XVIIIe siècle, toute femme élégante se doit de posséder un éventail. La façon dont il est manié reflète l'état d'esprit de sa propriétaire: un coup vif sert à repousser les avances d’un galant importun; le laisser tomber permet de lier connaissance. Son décor manifeste l'intérêt que l'on porte à l’actualité. Probablement acquis lors d’une représentation à l'opéra, cet éventail fait référence à Tarare, tragédie en cinq actes de Salieri, le rival malheureux de Mozart, sur un livret de Beaumarchais, donnée à Paris le 8 juin 1757. |
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Attribué à Hugues Taraval (1729-1785). Le Sommeil, Paris, vers 1779. Huile sur toile. Huile sur toile. © Les Arts Décoratifs / Jean Tholance.
Après une soirée de mondanités et de divertissements, Monsieur et Madame s'en retournent à leurs chambres respectives. Une fois le visage nettoyé à l’eau, ils enfilent une chemise de nuit blanche: il n’y a en effet que sous le pinceau suggestif d’un peintre qu'on dort nu! Monsieur couvre sa tête d’un bonnet de nuit. Madame protège sa chevelure, qu'on lui a, au préalable, longuement brossée, dans un bonnet dit «dormeuse». Ils gagnent ensuite leurs lits munis d’un chandelier qu'ils abandonnent sur une table de chevet. Dans la partie inférieure du meuble, un vase de nuit est rangé. Il permet de se soulager sans pour autant sortir de la chambre. Sur une table à en-cas, une collation, qui, au besoin, peut être maintenue au chaud par un bain-marie, est à disposition en cas de petite faim nocturne. Les domestiques mouchent toutes les chandelles et allument la veilleuse. Le temps est désormais venu de tirer les rideaux du lit et de s'abandonner dans les bras de Morphée, dieu des rêves. |
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La Curiosité ou La Lanterne magique. Manufacture de Sèvres d'après un modèle d’Étienne Maurice Falconet (1716-1791). Modèle créé en 1757. Biscuit de porcelaine tendre.
Mis au point par la Manufacture royale de Sèvres à partir des années 1750, le biscuit est utilisé pour réaliser des statuettes ou des groupes destinés à la décoration des intérieurs comme des tables de fête. Inspirée des métiers du colportage, «La lanterne magique» figure une démonstration de cet ancêtre du cinéma. Si le caractère merveilleux de la projection d’images donnait lieu à des spectacles, la lanterne était aussi utilisée à des fins pédagogiques par l'abbé Nollet dans ses leçons aux enfants de Louis XV. |
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L'usage de glisser dans ses poches des «boëtes à bonbons» contenant des dragées ou des nougats détermine leurs formes pleines aux contours arrondis. Les manufactures de porcelaine, de Saint-Cloud et Mennecy principalement, s’inspirent de la vie quotidienne: fruits, légumes, animaux (sanglier, chenille ou anguilles), voire caisse de berline, toujours traités avec fantaisie et humour. Le terme «bonbonnière» apparaît à partir de 1770, afin de les distinguer des tabatières, alors que l'usage mondain du tabac se généralisel. |
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Scénographie |
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Harpe. Sébastien Renault (?-après 1804) et François Chatelain (?-après 1800), facteurs. Paris, 1786. Caisse en érable à sept côtes, vernis Martin, mécanique à crochets, sept pédales. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Fauteuil à la reine. Jean-Baptiste Claude Sené (1747-1803). Paris, vers 1770-1780. Noyer et hêtre sculptés et dorés. Estampille sur la traverse arrière: I.B. SENE. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Paravent à six feuilles recouvert du papier peint. Les Cinq sens. Attribué à la manufacture de Réveillon. Paris, vers 1780. Bois, cuir, papier rabouté, impression à la planche de bois. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Concert sur la terrasse. France, XVIIIe siècle. Émaux polychromes travaillés à la lampe sur fil de métal, dits «verre filé de Nevers», coquillages, miroir et gravure en couleurs. |
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Jeu de cavagnole. Aux Trois Frères, marchand. France, vers 1780. Acajou, fer, buis, carton, os, soie, ivoire. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière. |
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Chaise voyeuse. Sulpice Brizard (1733-après 1796), menuisier en siège. Paris, vers 1766. Noyer.
Cette chaise dite «voyeuse» est destinée aux spectateurs passifs des salons de jeux qui se contentent de regarder les joueurs. Assis à califourchon, face au dossier, les bras croisés sur la manchette, les hommes suivent ainsi les longues parties. Cette posture, jugée inconvenante pour les femmes, rend son usage exclusivement masculin; ces dernières disposent de leur propre modèle, à l'assise plus basse, sur laquelle elles s'agenouillent. Cette fureur du jeu est vue comme «un des fléaux de la France» par le baron de Pöllnitz, un aventurier et écrivain allemand. |
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