MOI ET LES AUTRES
Regards d’artistes sur nos vies en ligne

Article publié dans la Lettre n°641 du 24 juin 2026



 
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MOI ET LES AUTRES. Regards d’artistes sur nos vies en ligne. Qu’on le veuille ou non, Internet a largement remis en question la frontière entre vie publique et vie privée. Si de nouveaux codes sociaux ont émergé dans notre langue, notre personnalité, etc. les risques induits par la pratique d’Internet et plus encore des réseaux sociaux inquiètent de plus en plus. En cause ces algorithmes, dont on ignore le fonctionnement, qui sont susceptibles de pervertir nos expériences en ligne.
La présente exposition fait appel à trois experts en sociologie, qui nous font part de leurs recherches au moyen de courtes vidéos, et à vingt-trois artistes qui nous transmettent leur ressenti sur ce sujet, sous des formes aussi bien humoristiques que satiriques ou poétiques.
Les commissaires ont conçu un parcours en trois sections, EGO, ALTER et HOLO, auxquelles s’ajoute, en guise de conclusion, un espace, La Bulle, avec une installation qui nous montre comment fonctionnent les algorithmes et comment l'information circule, se resserre ou s'ouvre.
S’aimer et être désiré est au cœur des comportements humains depuis l’Antiquité et le mythe grec de Narcisse. La première partie, EGO, montre comment les réseaux sociaux avec leurs likes, followers, nombre de vues, etc. répondent à ce besoin de visibilité. Parmi les œuvres des six artistes qui illustrent cette première partie, on note Selfie (2023) de Françoise Pétrovitch; Être belle comme elles (2023), de Marilou Poncin qui montre comment devenir Kim Kardashian grâce à divers artifices et FAILED I HAVE, IN EXILE I MUST GO (2020-2023) de Katherine Longly qui illustre comment des japonais, les «hikikomori», s’isolent dans leur chambre pendant de longues périodes et ne communiquent que par Internet.
ALTER, la deuxième partie, décrit comment Internet a redéfini le collectif. Nos liens s’étendent, se multiplient, mais sont-ils pour autant profonds et dignes de confiance? Que sont véritablement tous ces «amis». Dix artistes se sont attelés à nous montrer ce que valent ces liens. Sophie Calle avec sa série «À l’affût» a recueilli les petites annonces matrimoniales publiées dans Le Chasseur français (1905-1914) et dans Le Nouvel Observateur (1950-1960). Elle montre ainsi que ces annonces sont proches de celles laissées aujourd’hui sur Internet dans des applications comme Tinder ou Meetic. Lauren Lee MacCarthy et Valentina Peri racontent elles aussi cette histoire de la rencontre amoureuse. Dans un autre registre, Jeanne Susplugas nous présente sa Boîte de déception (2005), jouant avec notre boîte de réception habituelle.
La dernière partie, HOLO (« le tout »), s’intéresse à notre perception plus globale du monde qui nous entoure et à la possibilité de créer des communautés virtuelles. Huit artistes, certains déjà rencontrés dans les autres sections, s’attèlent à ce sujet. Avec Wood Wide Web (2023), Béatrice Lartigue compare les racines d’un arbre à un vaste réseau, tandis que Paola Ciarska, avec Glitch#23 (2024) dessine des micromondes joyeux et interconnectés. Une exposition originale et gratuite, pour tous publics, qui pose bien les problèmes créés par Internet, les réseaux sociaux et les algorithmes. R.P. Fondation Groupe EDF 7e. Jusqu’au 27 septembre 2026. Lien : fondation.edf.com.


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