LE RÔTI. D’Amanda Sthers. Mise en scène Benjamin Elharrar. Avec Nader Boussadel, Valentin Giard, Audrey David, Vanessa Fery.
Jérôme et Mélanie attendent deux amis à dîner, Julie une ancienne correspondante de guerre reconvertie en pigiste et Medhi un graphiste avec lequel Jérôme travaille. Dire qu’ils n’ont pas pensé que ces deux-là pourraient se plaire serait mentir. Julie, célibataire endurcie, cumule les liaisons sans lendemain. Le couple sait peu de choses sur Medhi un quadra sympathique et plutôt introverti. Mélanie surveille de près un mari blagueur qui a tendance à s’exprimer sans filtre, ce qu’il fait dès l’apéritif. Au moment d’apporter le plat principal, Medhi refuse poliment la tranche de rôti de porc que Jérôme s’apprête à lui servir. Persuadés d’être ouverts et tolérants Jérôme et Mélanie s’étonnent. C’est le début de l’escalade, la soirée va être chaude!
Amanda Sthers fait fort avec cette comédie explosive où elle collectionne tous les lieux communs, maladresses et gaffes à ne pas prononcer. Et la victime ce soir-là est le pauvre Medhi, obligé de justifier ses choix. Il répond pourtant avec un calme que tout bobo franchouillard de souche pourrait lui envier jusqu’au moment où il va, bien sûr, péter les plombs.
La mise en scène très dynamique et le jeu spontané des comédiens, Nader Boussadel en tête, mettent en valeur des dialogues aux réparties provocatrices. Aux rires et aux réactions parfois indignées du public succèdent des moments d’émotion lorsque Medhi confie le récit d’un doudou perdu, poétique lorsque Julie évoque un cerf-volant, plus dramatique lorsque Jérôme confie la raison de la présence d’un coupe-cigare jalousement gardé dans sa poche. Cette montagne russe des sentiments conforte la réussite de la pièce. Une comédie drôle mais «trash», on vous aura prévenus! M-P P. Comédie Saint-Martin 3e.