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Lettre n° 638
du 13 mai 2026 |
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Nos sélections de la quinzaine |
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THÉÂTRE
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Photo Guillaume-Perret
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ÇA VA BIEN SE PASSER (j’espère !). Texte Joëlle Bouvier, Robert Bouvier, Simon Romang. Mise en scène Joëlle Bouvier, Simon Romang. Avec Robert Bouvier.
«Ça va bien se passer», se rassure le directeur du théâtre Robert Bouvier lorsqu’on lui annonce que la troupe du Kirov, sensée jouer le soir même, est coincée à l’aéroport. Prêt à tout pour ne pas annuler la représentation, il revêt le costume du prince Siegfried et commence à interpréter son rôle dans le Lac des cygnes. Un moment tellement exaltant qu’il ne croit pas une seconde à devoir rembourser un parterre plus que mitigé. Il glisse alors sur ses souvenirs, ceux de l’enfance avec une première apparition dans la crèche vivante de l’école, une enfance illustrée par un petit garçon plein d’idées singulières. Le virus de la scène s’est pourtant incrusté dans son cœur et devenu grand, il tente le concours d’entrée au conservatoire national de Strasbourg avec le plus grand enthousiasme. Paris l’accueille. Les castings, les premières apparitions au théâtre ou au cinéma se succèdent. Puis une lettre de la ville de Neuchâtel le propulse directeur d’un théâtre qu’il nomme Théâtre du Passage parce qu’il se dit «passeur». Travaux, inauguration, recherche de sponsors, recherche du personnel et caprices des comédiens représentent des aventures de tous les instants…
Polyglotte, imitateur désopilant de Michel Sardou, Vincent Delerme, Jane Birkin, Barbara, entre autres, Robert Bouvier s’inspire de sa propre vie et incarne pas moins d’une cinquantaine de personnages. ... (Lire la suite).
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Photo Spectacles Sélection
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MÉMOIRES D’UNE JEUNE FILLE RANGÉE. Lecture scénique conçue et interprétée par Caroline Silhol. Mise en scène Anne Bourgeois. Lumières Yves Angelo.
« Il fait beau voir Silhol! ». Il met dans l’ambiance ce trait d’humour de Stéphanie Tesson lors de la présentation de ce seul en scène et l’on sourit d’aise!
Mémoires d’une jeune fille rangée, représente cinq cents pages avec comme exigence celle de devoir couper certains passages. Caroline Silhol réussit parfaitement cette adaptation tout en respectant le style de Simone de Beauvoir et incarne avec talent l’enfant, l’adolescente puis la jeune fille qu’elle fut avec son caractère affirmé, son parcours intellectuel, ses questions sur la vie et la religion, ses amours, ses amitiés, ses révoltes, sa rencontre avec Jean-Paul Sartre et son clan qui ne furent pas long à reconnaître l’intelligence et la culture de celle qui surnommèrent Castor, faisant référence à son patronyme.
Née dans une famille qui n’avait plus rien d’aristocratique que la particule, Simone reçut une éducation bourgeoise et religieuse stricte dont elle parvint à s’émanciper. On sent chez elle une soif d’être aimée, soif d’une affection que ses parents ne lui donnèrent jamais, ne comprenant pas cette enfant différente qu’ils trouvaient laide. Son amour pour son cousin Jacques, sa très grande tendresse pour son amie Zaza et la perte des deux lui causèrent une peine qui marqua sa vie. Le revers de fortune de son père contribua à convaincre l’étudiante de l’importance pour une femme de gagner sa vie, d’être indépendante dans un monde régi par les hommes qui reléguaient les femmes au foyer et à l’éducation des enfants. ... (Lire la suite).
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EXPOSITIONS ET SITES
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Photo Museum of Fine Arts, Boston
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RENOIR ET L’AMOUR. A l’occasion de ses quarante ans, le musée d’Orsay met à l’honneur un artiste majeur de ses collections, peut-être le plus populaire des impressionnistes, Auguste Renoir (1841-1919). Après la rétrospective de 1985, cette exposition se concentre, avec une soixantaine d’œuvres, sur la première partie de la carrière de Renoir, qu’elle désigne avec ce sous-titre «La modernité heureuse (1865-1885)». Effectivement, à rebours de la convention de l’époque qui voulait que les sujets de la modernité soient mélancoliques ou ironiques, désabusés ou désenchantés, Renoir peint des tableaux colorés et joyeux, prenant comme sujet des guinguettes, des bals publics, des repas etc. avec des personnages heureux et complices, sans rivalité entre les hommes et les femmes. Renoir en était conscient, lui qui disait «Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse» mais persévéra dans cette thématique jusqu’en 1885, époque où, insatisfait de l’impressionnisme, il renie le travail en plein air et tente de se renouveler par le dessin (sujet de l’exposition parallèle à celle-ci, «Renoir dessinateur»).
Après une introduction où l’on voit un Autoportrait (1875), un portrait peint par son ami Frédéric Bazille, Pierre Auguste Renoir (vers 1867-1869) et l’unique statue monumentale sculptée par Renoir avec Richard Guino, Venus Victrix (entre 1914 et 1916), le parcours se déroule en six sections.
Dans la première, «Scènes de la vie de Bohême», nous voyons des exemples de ses thèmes de prédilection tels le jeune couple (La Promenade, 1870), la foule (La Grenouillère, 1869), l’amitié (Frédéric Bazille, 1867), le nu (La Nymphe à la source, 1869-1870) ou encore le repas (Le Cabaret de la mère Antony, 1866). C’est une période de précarité pour le jeune peintre qui vit avec son modèle Lise Tréhot, avec laquelle il aura deux enfants qu’ils ne reconnaîtront pas. Ses soutiens sont rares et les tableaux qu’il envoie au Salon sont tour à tour acceptés ou refusés.
Vient ensuite «Fêtes galantes» avec des personnages perdus dans une nature exubérante et colorée (Chemin montant dans les hautes herbes, vers 1875) ou simplement assis dans l’herbe (Femme à l’ombrelle et enfant dans un paysage ensoleillé, vers 1874-1876). Des couples sont en conversation (Confidences (La Tonnelle), vers 1875). On y voit aussi un nu dans un jardin, un paysage (Vue de Bougival, 1873) et surtout le fameux Bal du moulin de la Galette (1876), œuvre complexe où Renoir se plaît à montrer les liens heureux entre hommes et femmes, adultes et enfants, bourgeois et ouvriers.
Les sections suivantes sont consacrées aux «Rencontres en ville» puis à «Une partie de campagne». .... (Lire la suite).
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Photo Philippe Jousse Entreprise
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VISAGES D’ARTISTES. De Gustave Courbet à Annette Messager. Le Petit Palais met à l’honneur les portraits et autoportraits d’artistes, essentiellement du XIXe siècle, appartenant à ses collections. Si certains sont exposés en permanence dans le musée, la plupart sont sortis des réserves du Petit Palais et ce ne sont pas les moins intéressants.
Le parcours comprend quatre sections. La première est consacrée aux autoportraits, quintessence du portrait d’artiste car réalisé en toute liberté, sans les contraintes d’une commande. Il permet à l’artiste d’affirmer son style et d’exposer sa personnalité. C’est le plus célèbre du musée, l’Autoportrait au chien noir (entre 1842 et 1844), de Gustave Courbet qui nous accueille dans la première salle. Viennent ensuite des autoportraits de Léon Bonnat, Hippolyte Flandrin, Jean-Baptiste Carpeaux, Jacques-Émile Blanche, Jean-Louis Forain, Pierre Puvis de Chavannes et d’autres artistes moins connus. Nous avons aussi quatre masques en grès émaillé de Jean Carriès tel Masque de Carriès faisant la mou (entre 1888 et 1894) et des autoportraits d’artistes contemporains. Ces derniers sont des plus surprenants avec une sorte de caricature de Nina Childress, Autoportrait clown/fleur (2020) et un mannequin hyperréaliste représentant Hélène Delprat (2013). Mais le comble dans cette section est ce fauteuil sans personne assis dedans peint par Jean-François Gigoux, Un coin de salon chez le peintre (après 1852).
La deuxième section explore les portraits collectifs, les liens professionnels et amicaux et l’émergence d’associations d’artistes comme en témoigne le monumental Panorama du siècle d’Henri Gervex et Alfred Stevens (1889) dont on ne voit qu’un fragment. Les commissaires ont sorti des réserves une galerie de bustes sculptés par Paul Paulin regroupant Edgar Degas, Auguste Renoir, Claude Monet, Armand Guillaumin et Camille Pissarro (1884 à 1910). Une sculpture interroge, c’est une tête recouverte d’un voile qui masque le visage. Cette œuvre de Jean Carriès, Eugène Allard voilé (vers 1876-1877) est un cadeau de l’artiste à la veuve de ce peintre assassiné à Rome par l’un de ses modèles.
Nous voyons ainsi une multitude de peintures et sculptures représentant des confrères en art. Dans cette section, nous avons aussi un ensemble de dessins d’Annette Messager dont le titre est tout un programme, Collection pour trouver ma meilleure signature, Ma collection de châteaux (1972).
Avec «Dans l’atelier», la troisième section, ce sont des artistes dans leur lieu de travail qui sont représentés.... (Lire la suite).
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