SPLENDEURS DU BAROQUE
Peintures de la Hispanic Society of America

Article publié dans la Lettre n°642 du 8 juillet 2026



 
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SPLENDEURS DU BAROQUE. Peintures de la Hispanic Society of America. Fondée en 1904 par l’érudit et mécène américain Archer Milton Huntington (1870-1955), héritier d’une grande fortune industrielle, l’Hispanic Society of America est la plus importante institution muséale consacrée aux cultures du monde hispanophone et lusophone hors de la péninsule ibérique. Ses collections comprennent plus de 18 000 peintures et objets d’art, de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Profitant d’un chantier de rénovation de ses bâtiments, elle a prêté au musée Jacquemart André une quarantaine d’œuvres du Siècle d’or espagnol (1556-1700). C’est à cette époque qu’apparaît le style baroque qui se caractérise en art par des formes foisonnantes, théâtrales et triomphantes.
La présente exposition commence avec des portraits de peintres peu connus tels Jorge de la Rua (1530-1577) ou Juan Carreño de Miranda (1614-1685) et une immense toile de Sebastián Muñoz: Marie-Louise d’Orléans, reine d’Espagne, en chapelle ardente, 1689-1690. Viennent ensuite, dans la deuxième salle, cinq tableaux du Greco (1541-1614) dont un Saint Luc (années 1590) et une magnifique Pietà (vers 1574-1576) ainsi que deux tableaux de Luis de Morales (vers 1510 - 1586), Ecce Homo (vers 1565-1570) et une Vierge à l'Enfant au fuseau (1566-1570), très caractéristique de cette période.
Les trois salles suivantes abritent des œuvres d’artistes de la Nouvelle-Espagne. Ceux-ci sont aussi bien des européens ayant émigré en Amérique que des artistes locaux ayant appris les techniques importées. Certains tableaux comme ceux de Nicolás de Correa (Les Noces de Cana, 1696) ou de l’École de Cuzco (La Fuite en Égypte, 1725-1800) font la synthèse entre les deux cultures en alliant huile et incrustation de nacre. D’autres, tels ceux de Alonso Vázquez (1565-vers 1607) (Saint Sébastien, vers 1603-1607),  Luis Juárez (vers 1585-1639) (L'Archange saint Michel terrassant le démon, vers 1635-1639) ou encore Sebastián López de Arteaga (1610-1652) (L'Archange saint Michel écrasant les anges rebelles, vers 1650-1652), ne dépareraient pas dans un musée espagnol. C’est vraiment une rare occasion de voir en Europe des peintures américaines de cette époque.
Après une petite salle où des panneaux nous donnent des informations sur l’Hispanic Society of America et sur la chronologie du Siècle d’or, nous entrons dans la septième salle, «Le portrait selon Velázquez». Outre une Scène de cuisine (1617) originale dans la production de cet artiste, nous y voyons deux portraits, dont celui d’une jeune fille inconnue (vers 1638-1642), remarquable et repris pour l’affiche. Nous avons aussi deux copies de tableaux de Velázquez dont l’un, par Sargent, est aujourd’hui attribué à un suiveur du maître. À l’inverse, nous avons une toile de Jusepe de Ribera (1591-1652), Paysan avec une bouteille de vin (vers 1615) qui aurait pu influencer Velázquez.
La dernière salle nous montre des toiles de peintres ayant succédé à Velázquez tels Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682) avec sa Vierge à l'Enfant (vers 1669), Luca Giordano (1634-1705) avec L’Extase de sainte Marie-Madeleine (vers 1660-1665) et surtout Francisco de Zurbarán (1598-1664) avec deux toiles grandeur nature, Sainte Lucie (vers 1630) et Sainte Émérentienne (vers 1635-1640).
Une exposition originale avec ses peintures réalisées en Amérique. Toutefois nous aurions aimé pouvoir lire plus facilement les panneaux et les cartels, en lettres blanches, voire brillantes, sur des fonds sombres. R.P. Musée Jacquemart André 8e. Jusqu’au 2 août 2026. Lien : www.musee-jacquemart-andre.com.


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