Parcours en images de l'exposition

NAN GOLDIN
This Will Not End Well

avec des visuels mis à la disposition de la presse
et nos propres prises de vue

Parcours accompagnant l'article publié dans la Lettre n°635 du 1er avril 2026



Titre de l'exposition
 
«J'ai toujours voulu être cinéaste. Mes diaporamas sont des films composés de photos.» Nan Goldin.

Première rétrospective en France consacrée à l'œuvre de Nan Goldin en tant qu'artiste multimédia, l'exposition réunit six diaporamas et vidéos retraçant près de cinquante ans de carrière. Chaque version présentée est inédite, ses diaporamas étant constamment réédités et mis à jour. Née à Washington DC. Nan Goldin est l'une des figures emblématiques du monde de l'art. Le diaporama constitue une forme essentielle dans la production de l'artiste, qui l’a révélée sur la scène new-yorkaise au début des années quatre-vingt. Son approche résolument personnelle de la narration a profondément marqué la photographie contemporaine et la culture visuelle.

De 1979 à nos jours, Nan Goldin a produit plus d'une douzaine de diaporamas à partir de milliers de photographies, accompagnés de bandes-son éclectiques. Progressivement, elle y a intégré des images en mouvement, des voix off ainsi que des documents d'archives. L'ensemble de son œuvre se fonde sur sa propre expérience. Capturant sur le vif son cercle d'ami-e-s proches et son entourage familial dans l'intimité du quotidien, l'artiste lutte contre la stigmatisation de la transidentité, de la consommation de drogues, de la maladie mentale, avec des images empreintes de tendresse et de vulnérabilité. À la fois crus et bouleversants, ses récits prennent la dimension de contes universels sur l'amour et la perte.

L'exposition a été conçue comme un «village», qui s'étend du Grand Palais à la Chapelle Saint-Louis de la Salpétrière. L'itinérance européenne dont elle a fait l'objet s'achève aujourd'hui à Paris. Depuis ses débuts, Nan Goldin se rend régulièrement en France - elle a vécu à Paris - où elle a photographié ses ami-e-s et présenté son travail. Ses diaporamas laissent entendre la voix de Charles Aznavour, convoquent les peintures d'Eugène Delacroix comme les écrits de Stendhal. Sans oublier son panthéon des cinéastes, où figurent les noms d'Agnès Varda, Claire Denis et Robert Bresson.

Affiche de l'exposition.
 
Texte du panneau didactique.

«Je vous invite à vivre l'expérience proposée par mon œuvre plutôt que de l'enregistrer. Je compte sur vous pour faire preuve de respect aussi bien à mon égard qu'à celui des personnes qui figurent sur ces images. Je vous remercie de ne partager aucune photographie ni vidéo de cette exposition sur Internet, y compris sur les réseaux sociaux.»  Nan Goldin.

La durée des œuvres varie de 16 à 42 minutes. La durée totale de l'exposition est d'environ 2 heures.

Certaines œuvres de l'exposition traitent du suicide, de la consommation de drogues et de violence domestique.

 

L'exposition continue à la Chapelle Saint-Louis de la Salpétrière.

Pour toutes les œuvres, sauf spécifié autrement : Courtesy de Nan Goldin et Gagosian.

Commissaire : Fredrik Liew - Directeur des expositions et des collections, conservateur en chef, Moderna Museet, Stockholm
Commissaire associée : Barbara Kroher - Responsable de la programmation des expositions, GrandPalaisRmn, Paris.

Informations diverses à l'entrée de l'exposition.


1 - The Ballad of Sexual Dependency


The Ballad of Sexual Dependency
1981-2022. Diaporama, 41'52".

The Ballad of Sexual Dependency, l'œuvre maîtresse de Nan Goldin, se compose d'environ sept-cents diapositives accompagnées d'une bande-son éclectique. Ce diaporama fut d'abord présenté dans le circuit des clubs new-yorkais à la fin des années 1970 et a constamment été réédité et mis à jour depuis. La version projetée ici a été réalisée spécialement pour l'exposition. L'œuvre est dédiée à la communauté de Nan Goldin disparue lors de l'épidémie de sida.
 
Texte du panneau didactique.
 
Amanda at the sauna, Hotel Savoy, Berlin, 1993. © Nan Goldin.
 
Brian and Nan in Kimono, 1983. © Nan Goldin.
 
French Chris at the Drive-in, N.J, 1979. © Nan Goldin.


2 - The Other Side


The Other Side
1992-2021. Diaporama, 16' 44''.

The Other Side (du nom d'un bar à Boston) rend hommage aux ami-e-s transgenres de Goldin, avec qui elle a vécu et qu'elle a photographié-e-s entre 1972 et 2010. L'œuvre célèbre leur «euphorie de genre» et les possibilités de transcendance.
 
Texte du panneau didactique.
 
Christmas at The Other Side, Boston, 1972. © Nan Goldin.
Gina and Bruce’s dinner party, NYC , 1991. © Nan Goldin.
 
Joey laughing, Hotel Ritz, 2001. © Nan Goldin.
 
Greer modeling jewelry, NYC, 1985. © Nan Goldin.
Picnic on the Esplanade, Boston, 1973. © Nan Goldin.
 
C putting on her make-up at Second Tip, Bangkok, 1992. © Nan Goldin.
 
Jimmy Paulette on David’s bike, NYC, 1991. © Nan Goldin.


3 - Memory Lost


Memory Lost
2019-2021. Diaporama numérique, 24' 26"

Memory Lost, qui retrace une vie à travers le prisme de la dépendance aux drogues, comprend des images tirées des vastes archives de l'artiste, des interviews et des enregistrements de répondeurs téléphoniques datant des années 1980. L'œuvre est accompagnée d'une musique composée par Mica Levi ainsi que de morceaux de CJ Calderwood et Soundwalk Collective.
 
Texte du panneau didactique.
 
Untitled, 1982. © Nan Goldin.
 
Self Portrait at New Year’s Eve, Malibu California, 2006. © Nan Goldin.
 
Couple on the blue beach, n.d. © Nan Goldin.


4 - Sirens


Sirens
2019-2020. Vidéo monocanal, 16' 1".

Faisant écho au chant des sirènes de la mythologie grecque, qui menaient les marins à leur perte en les attirant jusqu'aux récifs où leurs navires se brisaient, cette œuvre hypnotique plonge le spectateur dans la sensualité et l'extase d'un voyage sous drogues. Il s'agit de la première œuvre de Goldin entièrement réalisée grâce au found footage (remploi de films existants), comprenant des scènes tirées de trente films. La bande-son a été composée par Mica Levi.
 
Texte du panneau didactique.
 
Still from Sirens, 2019-2020. © Nan Goldin.
 
Still from Sirens, 2019-2020. © Nan Goldin.
 
Still from Sirens, 2019-2020. © Nan Goldin.


5 - Stendhal Syndrome


Stendhal Syndrome
2024. Diaporama numérique, 26' 2''.

Inspirée de six mythes des Métamorphoses d'Ovide auxquels les portraits des proches de Goldin donnent vie, Stendhal! Syndrome explore le trouble décrit par l'écrivain Stendhal comme une perte de connaissance face à la beauté écrasante de l'art.

 
Texte du panneau didactique.
 
 
Cupid with his wings on fire, Louvre, 2010. © Nan Goldin.
 
Guerin. Portrait of a Young Girl, 1812, Louvre, Paris, 2010. © Nan Goldin.


6 - Sisters, Saints, Sibyls


Entrée principale de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière.

Sisters, Saints, Sibyls
2004-2022. Vidéo à trois canaux, éléments sculpturaux, ephemera, 35' 17”. Collection Kramlich.

Sisters, Saints, Sibyls (Sœurs, Saintes, Sibylles), est une ode à la vie de la sœur aînée de l'artiste, Barbara Holly Goldin. En rébellion contre le conformisme de la société américaine au tournant des années 1950-1960, elle est internée en hôpital psychiatrique à l'adolescence. Elle mettra fin à ses jours à l’âge de dix-huit ans et sa famille cherchera à dissimuler le suicide. Confrontée au déni et au deuil, Nan Goldin quitte très jeune le domicile familial. L'insoumission de Barbara, sa quête d'identité et son refus des conventions ont été des éléments déterminants pour l'artiste. À l'âge de quinze ans, elle se tourne vers la photographie, un moyen pour elle de garder une trace irréfutable de sa vie.

L'installation multimédia tisse un lien entre trois récits de femmes: celui de sainte Barbara, de Barbara Goldin et de Nan Goldin. Sainte Barbara était une martyre chrétienne emprisonnée et décapitée par son père pour avoir proclamé sa foi. L'histoire de Barbara est racontée à travers des photos de famille et des archives médicales, celle de Nan met l'accent sur deux séjours éprouvants en cure de désintoxication.

 

Outre une triple projection vidéo, l'installation comprend deux mannequins de cire, celui d’une jeune fille alitée, qui incarne Barbara, et d’un homme qui représente la figure du père. La mise en espace est une reconstitution d'une chambre occupée par Nan Goldin dans un centre de désintoxication.

L'artiste rend ici hommage à «toutes les femmes rebelles qui se battent pour survivre dans la société.» Sisters, Saints, Sibyls explore «l'expérience des femmes prises au piège, au sens propre comme au figuré. »

Commandée en 2004 pour être présentée dans la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière à l'occasion du Festival d'Automne, l'œuvre est pour la première fois réinstallée dans sa version originale depuis sa création.

Accès libre et gratuit dans la limite des places disponibles.

Texte du panneau didactique.
Stills from Sisters, Saints, Sibyls, 2004–2022. © Nan Goldin.
 
Barbara in Mask, Washington D.C. © Nan Goldin.
 
Intérieur de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière.



Au milieu du XVIIe siècle, la Fronde laisse place en France, et en particulier à Paris, à un climat tendu où l'on tente d’endiguer une misère croissante, source d'insécurité et d'épidémies meurtrières.

Par l'édit royal de 1656, le roi Louis XIV, fonde l'Hôpital général afin d'y placer les personnes miséreuses de la ville de Paris. En effet, si aujourd'hui le terme d'hôpital désigne principalement un établissement de soins, ce n'est pas le cas au XVIIe siècle, où il s’agit autant de procurer un abri aux nécessiteux que de les mettre à l'écart d'une société qui ne parvient pas à les intégrer.

La Salpêtrière est aménagée à l'extérieur de Paris, à l'emplacement et dans les bâtiments d’une partie du Petit Arsenal, arsenal en complément de Bastille. Son activité de production de salpêtre dédié à la poudre à canon lui donnera d'ailleurs son nom.

La Salpêtrière accueille principalement les femmes, les personnes âgées et les orphelins. Jusqu'à 8000 femmes y sont abritées et enfermées.

La chapelle Saint-Denis du Petit Arsenal étant bien trop exiguë pour l'ensemble des indigents de la Salpêtrière, le Roi ordonne en 1669 l'édification d'une église «proportionnée à la grandeur de cette maison».

Nichée au cœur du plus grand hôpital français, la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière est encore aujourd'hui l’un des joyaux méconnus du patrimoine parisien. Monument d'une rare majesté, elle est conçue par deux architectes de renom: Louis Le Vau et, après sa mort, Libéral Bruant.

 

Avec ses quatre nefs en croix grecque et son dôme monumental, elle s'inscrit parmi les plus grands édifices religieux de la capitale. Son plan panoptique permet probablement d'y organiser des offices pour des publics strictement séparés: les officiers de l'administration, les pensionnaires, les religieuses, les «enfermés», ou encore les Parisiens extérieurs à l'institution.

Une singularité remarquable brise cependant la symétrie du bâtiment. La nef sud est transformée rapidement en vastes magasins à blé et à farine, en y construisant cinq niveaux de stockage. Ces volumes abritent plusieurs histoires singulières, invisibles aux yeux des visiteurs: dans le sous-sol se dissimule un abri de défense anti-aérien depuis 1935. Cachée au cœur de la charpente, se trouve également une chambre secrètement aménagée par un tailleur de pierre, il y a plus de trente ans.

Lieu de mémoire et de spiritualité, la chapelle devient un espace de célébration et de création. Pensée comme un refuge au cœur de l'hôpital, la chapelle offre un lieu de ressourcement et de repos pour les soignants, les patients, les visiteurs et les artistes. Tout en incarnant une hospitalité ouverte, inclusive et bienveillante, elle accueille des spectacles, des événements exceptionnels, des expositions, des concerts. C'est un lieu où l'on honore les histoires individuelles et collectives, les fragilités humaines et les élans créateurs.

Cet édifice classé aux monuments historiques depuis 1927 est aujourd’hui en danger, un important projet de restauration est lancé depuis 2024 pour sauvegarder ce joyau patrimonial.

Texte du panneau didactique.